Le débarquement, de Sainte-Mère-Eglise à Cherbourg

2011-2014, Normandie / France

(extrait)

Amfreville, Verger Timmes, juin 2012
« A Amfrevile, les premières heures du 6 juin s’écoulent ainsi : floues et incertaines. La guérilla court le long des haies. Plus ou moins involontairement infiltrés dans le dispositif de défense allemand, les paras jouent un cache-cache mortel avec un ennemi perturbé, qui finit par se croire encerclé, en position de garnison assiégée. C’est d’ailleurs vrai pour une petite part : après avoir erré dans le marais entre la Fière et Amfreville, et ramassé au passage plusieurs dizaines de recrues perdues, le lieutenant-colonel Charles J. TImmes, commandant le 2e bataillon du 507e, s’est finalement posé dans un verger entre le bourg et le bord du marais. Depuis, il fait le coup de feu contre les défenseurs allemand terrés en face, dans leurs trous individuels. »
- COQUART Elizabeth & HUET Philippe, Le jour le plus fou – 6 juin 1944, les civils dans la tourmente, Paris, Albin Michel, 1994, p. 72.
Marais de la Fière, juin 2012
« C’est un rodéo fabuleux, moucheté d’explosions, de balles traçantes qui pointillent la nuit. Abasourdi, Paul distingue les parachutes qui se balancent mollement, qui descendent en douceur, indifférents à toute cette fureur, avant de disparaître, happés par la terre noire. Paul en est sûr : beaucoup d’entre eux tombent dans les marais du Merderet, là bas derrière la voie ferrée. »
- COQUART Elizabeth, HUET Philippe, Le jour le plus fou – 6 juin 1944, les civils dans la tourmente, Paris, Albin Michel, 1994, p. 30-31.
Sainte-Mère-Eglise, rue de Richedoux, juin 2013
« Vers 13 heures, les balles sifflèrent nombreuses au-dessus des arbres, puis les batteries de Fauville, installées dans le parc du château Chappey et sur la route nationale n° 13, au sommet de la crête, commencèrent à tirer à obus fusants. Elles prirent comme cibles les issues de Sainte-Mère-Église vers Carentan. Un ancien combattant échappé au massacre de l’autre guerre tomba. Au même instant, un père de famille, ancien prisonnier de guerre, agonisait dans sa demeure. Sainte-Mère-Église allait payer le prix de sa Libération. »
Alexandre Renaud, Sainte-Mère-Église – 5-6 juin 1944, Paris, Julliard, 1988, p. 59.
D67, Sainte-Mère-Église, juin 2013
« Je me balançais maintenant au-dessous de mon parachute. Le silence était total. Mes oreilles bourdonnaient, ma langue était sèche, ma gorge serrée. […] Me conformant aux instructions, je tirai les câbles pour freiner mon parachute. Puis je courbai le dos, baissai la tête, et je sentis le choc rude de la terre. Sans résistance, je me laissai rouler. Quand je me relevai, je me trouvai dans une prairie. Je fis fonctionner mon cricket, petit appareil de poche que chacun de nous possédait. Chaque compagnie avait une façon différente pour se rallier ; pour la mienne, il était entendu que nous ferions deux appels. D’autres crickets me répondirent : « Tac, tac…, tac, tac. » Je défis ma ceinture : de la haie toute proche, des ombres m’appelaient. […] Nous avions atterri, exactement à l’endroit prescrit, dans une prairie en bordure de la fourche, à la sortie ouest de Sainte-Mère-Église. »
Alexandre Renaud, Sainte-Mère-Église – 5-6 juin 1944, Paris, Julliard, 1988, p. 127.
Chef-du-Pont, rue du capitaine Rex Combs, juin 2012
« Les marais en avant de nous répandaient une odeur pestilentielle. Des nuées de moustiques dansaient leurs ballets au-dessus des haies. A la surface des ombres, dans les roseaux et les joncs, nous apercevions de larges taches de couleur vives : c’étaient des parachutes qui flottaient. A leur extrémité, il y avait un cadavre, des munitions ou des pansements. De l’autre côté des marais, les Allemands veillaient. »
Alexandre Renaud, Sainte-Mère-Église – 5-6 juin 1944, Paris, Julliard, 1988, p. 131.
La Fière, Sainte-Mère-Église, juin 2013
« Abasourdis, ils découvrent la route de la Fière comme ils ne l’ont jamais vue, comme ils ne la reverront jamais plus. C’est la route des morts. A Cauquigny, autour de la chapelle. Sur le Merderet, autour du pont. Le marais est un cimetière… »
- COQUART Elizabeth & HUET Philippe, Le jour le plus fou – 6 juin 1944, les civils dans la tourmente, Paris, Albin Michel, 1994, p. 84.
Picauville, Chemin Jack Schlegel, juin 2013
« Perdus dans la nuit, les paras américains tentent de se regrouper, tout en s’efforçant d’échapper aux patrouilles lancées à leur poursuite. Les Allemands réagissent avec acharnement, mais sans plan d’ensemble, désorientés par l’effet de surprise et la dispersion même de leurs adversaires qui empêche toute contre-attaque générale. Les combats se déroulent dans la plus grande confusion. On tire de partout. Mortelle partie de cache-cache dans le labyrinthe des haies normandes. Qui derrière celle-ci ? Ami ? Ennemi ? »
Jean Quellien, Les Américains en Normandie, Bayeux, Orep, 2012, p. 78.
La Fière, Sainte-Mère-Église, juin 2012
« On peut […] s’interroger sur le regard que portait le Haut Commandement sur les enfants du pays en tant que vecteurs de fraternisation. Ceci expliquerait les énormes quantités de gomme à mâcher et autres bonbons que les GI’s des colonnes blindées parsemaient sur leur chemin… »
- LAMACHE Stéphane, Le regard des Américains sur la population normande, dans, GARNIER Bernard, LELEU Jean-Luc, PASSERA Françoise, QUELLIEN Jean, sous la dir. de, Les Populations civiles face au débarquement et à la bataille de Normandie, colloque internationale, Mémorial de Caen, 25-27 mars 2004, Caen, Mémorial de Caen, 2004, p. 148.
Mémorial des parachutistes - monument Iron Mike, Marais de la Fière, Sainte-Mère-Eglise, juin 2013.
« Que les Alliés aient dû, pour vaincre l’Allemagne, reprendre pied sur le continent européen relève aujourd’hui de l’évidence. Qu’ils aient, pour ce faire, désigné la France semble tout aussi naturel : la victoire ayant ratifié ce choix, la mémoire le consacre en transformant les plages normandes en lieu de pèlerinage où anciens combattants et spectateurs se mêlent pour célébrer le Jour J. »
- WIEVIORKA Olivier, Histoire du débarquement en Normandie, des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, p. 21.
Mémorial des parachutistes - monument Iron Mike, Marais de la Fière, Sainte-Mère-Eglise, juin 2012.
« On voyait, à mesure, les commandos s’efforcer de s’emparer des ponts importants, ou des chaussées traversant la zone inondée de l’arrière, afin de couper la côte de ses ravitaillements et interdire l’entrée en action des réserves tactiques. En plusieurs points, ils y étaient parvenus. Cette fois, ça devenait sérieux. Il s’agissait manifestement d’une opération stratégique hardie de couverture des flancs d’un débarquement entre l’embouchure de l’Orne et de la Vire. »
- Paul Carell, Ils arrivent – Sie Kommen ! Robert Laffont, 1961, p.
La Fière, Sainte-Mère-Église, juin 2013.
« 9210 avions – non compris les bombardiers et les avions de reconnaissance – se sont envolés d’Angleterre dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. […] Les Américains mirent en jeu deux divisions aéroportées, soit dix-sept mille hommes de troupes d’élite avec leur artillerie de campagne et leurs engins antichars, qui atterrirent dans la presqu’île du Cotentin à l’arrière des positions de défense côtière des Allemands. »
- Paul Carell, Ils arrivent – Sie Kommen ! Robert Laffont, 1961, p. 52-53.
La Fière, Sainte-Mère-Église, juin 2013.
« L’herbe y poussait du bourbier si drue et si haute que, vu de l’avion, on pouvait se croire au-dessus d’une riante prairie. Mais ceux qui y descendirent en parachute aboutirent avec leurs soixante-dix kilos de chargement en pleine eau. Rares furent ceux qui réussirent à se sortir du marécage. Tout le matériel lourd du régiment fut perdu. Des blessés moururent noyés. Des planeurs tout entiers disparurent avec leur équipage et leur matériel, envasés. »
- Paul Carell, Ils arrivent – Sie Kommen ! Robert Laffont, 1961, p. 53.
Bourse de collectionneurs, Sainte-Mère-Église, juin 2013
« Le gaspillage était scandaleux. Les soldats, qui touchaient beaucoup plus de vivres et d’effets qu’ils n’en avaient besoin, perdaient, jetaient ou détruisaient leur superflu, mais bien peu donnaient. Après le départ d’un camp d’Américains, on trouvait de tout : habits, vestes, culottes, chaussettes, imperméables, chaussures, conserves, objets de toilette, poudre insecticide, cartes à jouer… Ce qui fut certainement abandonné en plus grand nombre, ce fut les brosses à dents, je crois qu’il faut les compter par milliers, les blaireaux et le rasoirs par cinquantaines. »
Journal intime de Henri Bougeard, quatorze ans, dans, Jean-Pierre Guéno, Paroles du jour J, Lettres et carnets du Débarquement été 1944, Paris, Librio, 2004, p. 88.
Place de l’église, Sainte-Mère-Église, juin 2012
Place de l’église, Sainte-Mère-Église, juin 2013
« Il n’eut pas plus tôt sauté de son avion que le soldat John Steele, du 505e régiment de la 82e, s’aperçut qu’au lieu de tomber dans la zone balisée, il se dirigeait vers le centre d’une agglomération qui avait tout l’air d’être en feu. Puis il vit des soldats allemands et des civils français qui couraient dans tous les sens. […] Alors il fut touché par quelques chose qui lui fit l’effet « d’un bon coup de couteau affuté ». Il venait de recevoir une balle dans le pied. Et Steele aperçut quelque chose qui l’alarma bien plus encore. Balancé au bout de ses sangles, incapable de s’écarter, il vit que son parachute l’emportait tout droit vers le haut clocher pointu de l’église. »
Le jour le plus long, Cornelius Ryan, Paris, Robert Laffont, 1960, p. 203.
Rue du Général De Gaule, Sainte-Mère-Église, juin 2013
Sainte-Mère-Église, juin 2013
« Et en dépit des obus, sans nous soucier du danger toujours présent, nous nous précipitâmes à la route. En face des maisons neuves, les premiers tanks américains apparaissaient. C’étaient de petits tanks, mais pour nous ils étaient beaux, ils étaient grands. A leur poste d’observations sur la tourelle, les servants nous apparurent, majestueux comme des dieux, puissants comme des géants. Ils étaient la Victoire, ils étaient pour nous la Délivrance ! »
Alexandre Renaud, Sainte-Mère-Église – 5-6 juin 1944, Paris, Julliard, 1988, p. 77.
Place de l’église, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2013
« Sur le papier, les thèmes récurrents de ces clichés et films reposent sur la mise en évidence de l’amitié entre Français et Américains. Les civils normands ayant le privilège d’accéder les premiers à la liberté deviennent inconsciemment les acteurs de cette campagne de communication. »
- LAMACHE Stéphane, Le regard des Américains sur la population normande, dans, - QUELLIEN Jean, Les Normands au cœur de la guerre, dans, GARNIER Bernard, LELEU Jean-Luc, PASSERA Françoise, QUELLIEN Jean, sous la dir. de, Les Populations civiles face au débarquement et à la bataille de Normandie, colloque internationale, Mémorial de Caen, 25-27 mars 2004, Caen, Mémorial de Caen, 2004, p. 139.
Rue du Général De Gaule, Sainte-Mère-Église, 6 juin 2011
« En retour, les troupes américaines sont présentes pour la célébration du 14 juillet dans les villes et villages libérés. Ces scènes sont une source inépuisable de clichés pour les photographes rattachés au Signal Corps dont l’une des missions est précisément de montrer outre-Atlantique toutes ces marques de l’amitié franco-américaine et du bon accueil fait aux « boys ». »
Jean Quellien, Les Américains en Normandie, Bayeux, Orep, 2012, p. 222.
165th Signal Photographic Company par Cooney Parties, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2013
« On a donc vu les correspondants de guerre ainsi que les photographes du Signal Corps couvrir les opérations en occultant le plus possible les destructions massives occasionnées par leur propres troupes. »
- LAMACHE Stéphane, Le regard des Américains sur la population normande, dans, - QUELLIEN Jean, Les Normands au cœur de la guerre, dans, GARNIER Bernard, LELEU Jean-Luc, PASSERA Françoise, QUELLIEN Jean, sous la dir. de, Les Populations civiles face au débarquement et à la bataille de Normandie, colloque internationale, Mémorial de Caen, 25-27 mars 2004, Caen, Mémorial de Caen, 2004, p. 154.
Aux deux Airbornes, Sainte-Mère-Église, juin 2013
Monument à la mémoire du cimetière militaire provisoire américain n°2, Route de Chef-du-Pont, Sainte-Mère-Eglise, août 2013.
« Deux cimetières semblent monter la garde aux portes de la ville. Le général Theodore Roosevelt y repose, fraternellement uni dans la mort avec ses soldats de la 4e division et les farouches parachutistes. Tout l’été, des fleurs pousseront à cet endroit, entretenues par des mains pieuses, en reconnaissance de la bravoure splendide de ces hommes qui s’accrochèrent sur notre sol jusqu’au sacrifice suprême et empâchèrent la destruction totale de notre petite cité. »
Alexandre Renaud, Sainte-Mère-Église – 5-6 juin 1944, Paris, Julliard, 1988, p. 141.
Place de l’église, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2013
D913, Vierville, juin 2012.
« L’horreur. Et la pagaille. Car les paras ont souvent été mal largués, loin de leurs lieux de rassemblement et de leurs objectifs. Isolés ou par petites bandes constituées au hasard des rencontres, ils errent dans un paysage de cauchemar, tentent de récupérer les armements et matériel radio enfermés dans les containers dont ils aperçoivent dans la nuit les clignotants qui brillent comme des lucioles. »
- COQUART Elizabeth, HUET Philippe, Le jour le plus fou – 6 juin 1944, les civils dans la tourmente, Paris, Albin Michel, 1994, p. 32.
Café restaurant Le Roosevelt, Utah Beach, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2011.
« Les renseignements des stations radar sur lesquelles le lieutenant de vaisseau von Willisen exerce son autorité sont unanimes : "Dents de scie très nombreuses sur les tubes de Braun. " Au début, les techniciens ont cru à un dérangement tant les dents de scie étaient nombreuses. Il ne pouvait y avoir untel nombre de bateaux en mouvement à la fois. Mais le doute n’est plus possible : une flotte innombrable est en marche. »
- Paul Carell, Ils arrivent – Sie Kommen ! Robert Laffont, 1961, p. 43.
Batterie de Crisbecq, Saint-Marcouf, juin 2013
« Les possibilités des armements sont devenues telles que le minéral s’apparente lui-même à la fluidité du liquide ; à l’exception du roc, toute la terre s’apparente à la mouvance de l’Océan, c’est une mutation du territoire physique, c’est en fait un premier type de « désintégration » avant même l’apparition de l’arme nucléaire. »
- VIRILIO Paul, Bunker archéologie, Paris, les éditions du demi-cercle, 1994, p. 38.
Utah Beach, Saint-Marie-du-Mont, 6 juin 2011.
Borne Km00, Utah Beach, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2012.
« "Retrouver la guerre" incite donc à recentrer les interrogations sur la question de la violence, subie ou administrée, et à récuser la légende selon laquelle les hommes débarquèrent sans crainte sous le feu de l’ennemi, prêts à s’immoler pour la cause. Insister sur les phénomènes de désertion, de lâcheté ou de peur oblige à questionner le lien unissant les citoyens à leur démocratie. »
- WIEVIORKA Olivier, Histoire du débarquement en Normandie, des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, p. 14.
Utah Beach, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2011
« Partout ou le regard se portait, il y avait des navires, grands et petits. Les équipages et les hommes de troupe parlent encore de cette armada comme du spectacle « le plus impressionnant, le plus inoubliable » jamais contemplé. Les hommes, bien qu’encore crispés, paraissaient moins tendus. Maintenant, tout le monde avait simplement hâte que cela commençat, et qu’on en finît. »
Cornelius Ryan, Le jour le plus long – 6 juin 1944, paris, Robert Laffont, 1960, p. 144.
St-Hubert, Foucarville, juin 2013.
« Toute une longue histoire se ramassait ici, ces blocs de béton étaient en fait ces blocs de béton étaient en fait les derniers rejetons de l’histoire des frontières, du limes romain à la muraille de Chine ; les bunkers, ultime architecture militaire de surface, étaient venus s’échouer aux limites des terres, au moment précis de l’avènement du ciel dans la guerre. »
- VIRILIO Paul, Bunker archéologie, Paris, les éditions du demi-cercle, 1994, p. 12.
Utah Beach, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2011
Sainte-Marie-du-Mont, Utah Beach, rue des Alliés, juin 2012
D913, Sainte-Marie-du-Mont, juin 2013.
« Outre trois chaussées étroites et découvertes, une seule route était praticable à travers le pays inondé : la route du Grand-Chemin, rejoignant à la fois Sainte-Marie-du-Mont et la route latérale de Quettehou. Les premiers groupes qui s’aventurèrent sur cette route furent fauchés par les Allemands, qui les attendaient, embusqués derrière les murs des fermes. Il fallut patienter jusqu’à l’arrivée des tanks. »
Alexandre Renaud, Sainte-Mère-Église – 5-6 juin 1944, Paris, Julliard, 1988, p. 106.
Calamity Jeep, D421, Les Gougins, juin 2013
« Les Français ne peuvent conduire une voiture. Ils ne peuvent l’entretenir et détruisent leurs véhicules. Dans l’ensemble, les Français ne conduisent certainement pas aussi bien que nous et n’entretiennent effectivement pas leurs véhicules aussi bien. On peut faire la même remarque sur les femmes par rapport aux hommes. Nous avons une meilleure connaissance mécanique et une expérience plus technique. Et aujourd’hui nous disposons d’ateliers et de mécaniciens pour entretenir nos véhicules incomparablement supérieurs. »
Nos amis les Français – Guide pratique à l’usage des GI’s en France 1944-1945, Paris, Le Cherche Midi, 2003, p. 72.
La pointe du Hoc, juin 2012
« On le voit, les refus constamment répétés du dictateur de visiter le Mur de l’Atlantique sont significatifs ; les bunkers du littoral européen sont dès l’origine des monuments funéraires du rêve allemand. »
- VIRILIO Paul, Bunker archéologie, Paris, les éditions du demi-cercle, 1994, p. 29.
Cimetière militaire américain, Colleville, mai 2013
« Ces cimetières sont sacrés, des lieux de sérénité, de recueillement et de mémoire. Mais en tant que lieux de sépulture, ils sont esthétisés presque au point de se demander s’il y a vraiment des corps sous les stèles. »
LEMAY Kate, La mémoire des victimes : La place des cimetières militaires comme lieux de mémoire, dans, NORMANDIE – 6 juin 1944, L’émergence d’une mémoire collective, Actes du colloque des 15, 16 & 17 juin 2011, Caen, Mémorial de Caen, 2012, p. 19.
Méautis, rue de l'église, juin 2013
Saint-Georges-de-Bohon, rue des Bohons, juin 2012
« Que de ruines, que de misères, que de deuils aussi ! terrible bilan d’une bataille impitoyable, où chaque adversaire s’acharnant à se détruire, détruisait en même temps les plus beaux monuments, les plus nobles paysages et jusqu’aux hameaux les plus paisibles, aux fermes les plus tranquilles. »
- QUELLIEN Jean, Les Normands au cœur de la guerre, dans, GARNIER Bernard, LELEU Jean-Luc, PASSERA Françoise, QUELLIEN Jean, sous la dir. de, Les Populations civiles face au débarquement et à la bataille de Normandie, colloque internationale, Mémorial de Caen, 25-27 mars 2004, Caen, Mémorial de Caen, 2004, p. 19.
RN13, Tollevast, Les Tourterelles, aout 2012
« Il y a des snipers partout : dans les arbres, dans les maisons, dans les tas d’ordures et d’épaves, dans l’herbe… Mais là où il y en a encore le plus, c’est dans les haies qui cloisonnent la totalité du Bocage normand et qui bordent la moindre route, le moindre chemin… »
- PYLE Ernie, dans, - GUENO Jean-Pierre, Paroles du jour J – Lettres et carnets du Débarquement été 1944, Paris, Librio - J’ai Lu, 2012, p. 73.
Cherbourg, rue Jules Ferry, Vallée de Quincampoix, août 2013
Dans les semaines qui suivent une cohabitation avec les troupes de libération se met en place pour les habitants de la vallée de Quincampoix. Avec l’installation d’un camp à l’angle de la rue des ragotins et de la rue Jules Ferry à côté du pont Cosnard, les enfants du voisinage découvrent, sur le chemin de l’école, de petits délices d’une nouvelle culture, parfois aussi simples que les morceaux de pain blanc que leurs offrent les soldats cantonnés là.
D'après le témoignage de M. Jean Marion, août 2013
Commémoration du 69e anniversaire de la libération de la Ville, Cherbourg, juin 2013
« C’est à l’aube du 26 juin que les 4e, 9e et 79e D.I. du VIIe corps firent leur jonction dans la ville. A 21 h., après de furieux combats de rue, Cherbourg et l’amiral Hennecke, tombaient aux mains des Américains. L’arsenal ne devait se rendre que le lendemain »
Voie de la Liberté - guide historique et touristique, Paris, Les Grandes Editions Françaises, 1947, p. 97.
Cherbourg, aout 2012
« 6.455 habitants sinistrés, 1.376 immeubles détruits ou endommagés. La très moderne gare maritime transatlantique et les installations portuaires ont été, en grande partie, détruites ; l’arsenal anéanti ; l’ancienne abbaye de Vœu (salle capitulaire, XIIIe S.) incendiée. »
Voie de la Liberté - guide historique et touristique, Paris, Les Grandes Editions Françaises, 1947, p. 96.
Cherbourg, juin 2013
« Un mois après la conquête de Cherbourg, grâce à des travaux activement poussés, le port était en mesure de recevoir le matériel lourd tandis que le célèbre P.L.U.T.O. (Pipe-line Under The Océan), Comportant 450 km. De tuyaux et reliant l’ïle de Wight (Angleterre) et Cherbourg, débitait sans arrêt les milliers de tonnes d’essence nécessaire aux armées alliées. »
Voie de la Liberté - guide historique et touristique, Paris, Les Grandes Editions Françaises, 1947, p. 97.
Rond point Minerve, Cherbourg, juin 2013.
« Tout autour de lui n’était que mort et désolation, prolonger le combat équivalait à un suicide. Mais la garnison possédait encore des balles et des obus, et quelques armes en état de tirer. "Je serais déshonoré si je capitulais, dit le commandant allemand à l’officier américain qui lui assurait qu’il avait fait son devoir. Je ne pourrais pas résister à une attaque de chars, car je n’ai plus de canons antichars, mais je puis encore résister à votre infanterie." On fit alors avancer un char Sherman. "Je me rends", dit l’Allemand. Le 27, toute résistance avait cessé dans Cherbourg. Trente-sept mille Allemands avaient été faits prisonniers. »
Georges Blond, Le débarquement-6 juin 1944, Paris, Fayard, 1951, p. 361.
Saint-Hilaire-Petitville, juin 2011
Carentan, route de Saint-Côme-du-Mont, juin 2013
« … les blindés – le Sherman avant tout – devaient surtout briser les défenses de l’adversaire et ouvrir des brèches pour permettre le passage des fantassins. Mais ces derniers en serait-ils capables. Rien, à la veille du débarquement, ne permettait de l’affirmer. »
- WIEVIORKA Olivier, Histoire du débarquement en Normandie, des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, p. 68.
Carentan, route de Saint-Côme-du-Mont, juin 2013
Boulevard de Verdun, Carentan, juin 2013
« Le 10 juin vers midi parut devant les positions du 2e Bataillon, au nord de Carentan, un parlementaire américain. Au nom du général Maxwell Taylor, commandant la 101e Division aéroportée U.S., il sommait la garnison de Carentan de se rendre. A la lettre qu’il apportait, rédigée en Allemand, von der Heydte répond en anglais par cette simple phrase : - Dans une situation analogue, capituleriez-vous ? »
- Paul Carell, Ils arrivent – Sie Kommen ! Robert Laffont, 1961, p. 184.
Les bornes de la Liberté, Camp Arizona, Carentan, juin 2013
« La commémoration d’un événement de portée mondiale tel que le Débarquement, comme la célébration de l’héroïsme des libérateurs, ont repoussé à l’arrière-plan le sort des Normands victimes des combats. »
- QUELLIEN Jean, Les Normands au cœur de la guerre, dans, GARNIER Bernard, LELEU Jean-Luc, PASSERA Françoise, QUELLIEN Jean, sous la dir. de, Les Populations civiles face au débarquement et à la bataille de Normandie, colloque internationale, Mémorial de Caen, 25-27 mars 2004, Caen, Mémorial de Caen, 2004, p. 19.
Camp Arizona, Carentan, juin 2013
« Nous n’avons pas de cafés aux Etats-Unis. Ils ne ressemblent ni à un bar, ni à un saloon, mais plutôt à une sorte de club. C’est un endroit où un homme, heureux de quitter une maison bruyante et surpeuplée, est content de retrouver ses amis. Il peut y amener une petite amie, sa femme ou sa famille pour boire un café (quand il y en avait), de la bière ou du vin, pour lire le journal, jouer aux échecs, ou faire son courrier. Pour le Français, le café est un lieu de détente, pas un endroit pour se saouler. Au demeurant, comme son nom l’indique, « café » désigne avant tout un lieu ou l’on boit du café. Avant la guerre, on y buvait d’abord ça. Mais il n’y en a plus. Allez vous plaindre aux Allemands ! »
Nos amis les Français – Guide pratique à l’usage des GI’s en France 1944-1945, Paris, Le Cherche Midi, 2003, p. 61.
Reconstitution de l'exode, place de la république, Carentan, juin 2013
« Chaque fois qu’une Française s’assoit elle remonte sa robe ou sa jupe. Elle n’essaye pas d’attirer votre attention vers ses genoux, mais simplement de retarder au maximum l’usure de ses vêtements qui, du fait de leur ancienneté ou de leur mauvaise qualité, ne résisterons sans doute pas longtemps. »
Nos amis les Français – Guide pratique à l’usage des GI’s en France 1944-1945, Paris, Le Cherche Midi, 2003, p. 68.
Rue d'Isigny, Saint-Hilaire-Petitville, juin 2011
Fragments de port artificiel, Catz, lieu-dit La Fourchette, Tank Museum, août 2013
« Comme le choix avait été fait, dès 1943, de prendre pied sur une côte dépourvue de grands ports, ils avaient décidé de mettre en place au plus tôt des ports artificiels dont les éléments, fabriqués en Angleterre, devaient franchir la Manche derrière la flotte d’invasion et être assemblés une fois sur place. »
Jean Quellien, Les Américains en Normandie, Bayeux, Orep, 2012, p. 118.
Catz, lieu-dit La Fourchette, Tank Museum, août 2013
« Le Sherman ne portait qu’un canon de 75 mm alors que le Tigre était doté d’un 88 mm. Comme aux heures glorieuses de la cavalerie, les stratèges préféraient placer l’accent sur la poursuite et l’exploitation, plutôt que d’organiser les blindés en unités autonomes capables d’emporter la décision. »
- WIEVIORKA Olivier, Histoire du débarquement en Normandie, des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, p. 67.